La résidence Les Jardins de Billancourt, une copropriété de 40 lots à Boulogne-Billancourt (92), a remplacé sa chaudière gaz collective de 1992 par une pompe à chaleur air/eau en 2025. Un an après la mise en service, le président du conseil syndical partage son retour d'expérience. Un témoignage riche d'enseignements pour les copropriétés qui envisagent le même projet.
Le contexte : une chaudière en fin de vie
La résidence, construite en 1990, disposait d'une chaudière gaz collective de 350 kW qui montrait des signes de fatigue :
- Pannes récurrentes : 3 pannes majeures pendant l'hiver 2023-2024, dont une de 5 jours
- Rendement dégradé : la chaudière affichait un rendement de 82 %, loin des 95 % d'origine
- Facture de gaz en hausse : de 45 000 € en 2020 à 78 000 € en 2024 pour l'ensemble de la copropriété
- DPE collectif classé E : réalisé en 2024, avec une perspective de passage en F sans intervention
« Nous savions qu'il fallait agir, raconte Marc D., président du conseil syndical. La question n'était pas de savoir si on remplaçait la chaudière, mais par quoi. »
Le choix de la PAC air/eau collective
Après une étude comparative réalisée par un bureau d'études thermiques, trois solutions ont été envisagées :
- Nouvelle chaudière gaz à condensation : investissement modéré mais aucune aide, pérennité incertaine face aux réglementations futures
- PAC air/eau collective : investissement moyen, aides substantielles, économies de fonctionnement importantes
- Géothermie : performance optimale mais coût élevé et forage complexe dans le sous-sol du parking
« La PAC air/eau s'est imposée comme le meilleur compromis entre performance, coût et faisabilité technique. Le fait que les unités extérieures puissent être installées en toiture-terrasse a facilité le projet », explique Marc D.
Le financement : le rôle décisif des aides
Le coût total du projet s'est élevé à 280 000 € TTC pour 40 lots, incluant :
- 2 PAC air/eau de 80 kW chacune en cascade
- Ballon tampon de 2 000 litres
- Rénovation partielle du réseau hydraulique
- Supports anti-vibratiles et écrans acoustiques en toiture
- Mise à niveau du tableau électrique
Le plan de financement a permis de réduire considérablement le reste à charge :
- MaPrimeRénov' Copropriété (45 %) : 126 000 €
- Prime CEE : 68 000 €
- Aide Île-de-France Énergies : 16 000 €
- Reste à charge : 70 000 €, soit 1 750 € par logement
« Le reste à charge de 1 750 € par lot a été le principal argument pour convaincre les copropriétaires. Sans les aides financières, le projet n'aurait jamais été voté », reconnaît le président du CS.
Le vote en AG et les travaux
Le projet a été présenté lors d'une réunion d'information en mars 2025, puis voté en AG extraordinaire en mai 2025 :
- Taux de participation : 78 % des tantièmes représentés
- Résultat du vote : 72 % des voix pour, 18 % contre, 10 % d'abstentions
- Majorité requise : article 25 atteint dès le premier vote
Les travaux se sont déroulés de juillet à octobre 2025, avec une mise en service début novembre, juste avant l'hiver :
- Durée du chantier : 4 mois, dont 2 semaines de coupure de chauffage (en été, donc indolore)
- Nuisances : livraisons en matinée, bruit de chantier limité au local technique et à la toiture
- Communication : affichage hebdomadaire dans le hall, boîte mail dédiée pour les questions
Les résultats après un an
Après un hiver complet de fonctionnement, les résultats sont au rendez-vous :
- Facture énergétique : 35 000 € d'électricité contre 78 000 € de gaz auparavant, soit une économie de 55 %
- Confort : température homogène dans tous les logements, plus de plaintes de sous-chauffage aux étages élevés
- Bruit : aucune plainte des résidents ni du voisinage grâce aux écrans acoustiques
- DPE : passage de l'étiquette E à C, valorisant l'ensemble des lots de la copropriété
- Maintenance : contrat annuel de 3 200 €, comparable à l'ancien contrat chaudière
« Le passage de E à C a été une vraie surprise. Plusieurs copropriétaires bailleurs m'ont remercié car leurs logements ont pris de la valeur. Et les économies sur les charges sont visibles dès le premier appel de fonds », se réjouit Marc D.
Les conseils du président du CS
Fort de cette expérience, Marc D. partage ses recommandations :
- Anticiper : « Commencez les études 18 mois avant la fin de vie de votre chaudière »
- Communiquer : « La réunion d'information préalable a été décisive pour rassurer les copropriétaires »
- Chiffrer les aides : « Présentez le reste à charge par lot, c'est le seul chiffre qui parle aux gens »
- Planifier le chantier en été : « La coupure de chauffage en juillet, personne ne l'a remarquée »
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FAQ
Combien de temps a duré le projet au total ?
Du premier contact avec le bureau d'études à la mise en service, il s'est écoulé 14 mois : 4 mois d'études et de montage de dossier, 2 mois d'attente de notification des aides, 4 mois de travaux et 1 mois de mise en service et réglages. C'est un délai typique pour un projet de cette envergure.
Y a-t-il eu des surprises pendant les travaux ?
La principale surprise a été la nécessité de renforcer la structure de la toiture-terrasse pour supporter le poids des unités extérieures (environ 800 kg chacune). Ce poste a représenté un surcoût de 12 000 €, intégré dans le budget global. Notre conseil : prévoir une marge de 10 % pour les imprévus.
Les copropriétaires opposés au projet ont-ils changé d'avis ?
Après le premier hiver, plusieurs copropriétaires initialement opposés ont reconnu les bénéfices du projet. La baisse de 55 % sur la facture de chauffage et l'amélioration du confort ont convaincu les plus sceptiques. Seuls 2 copropriétaires sur 40 restent critiques, principalement pour des raisons esthétiques (visibilité des unités depuis la rue).
